3,2 %. C’est le taux d’inflation sous-jacente que l’Allemagne n’avait pas vu depuis 2011. L’OCDE a récemment révisé à la baisse ses anticipations de croissance mondiale pour 2025, pointant des déséquilibres persistants sur les marchés du travail et un retour de l’inflation sous-jacente dans plusieurs économies avancées. Le FMI, de son côté, insiste sur le risque d’un resserrement monétaire prolongé, alors que la dette publique atteint des niveaux records dans de nombreux pays du G7.
Les signaux sont clairs : ralentissement de l’investissement industriel, contraction du crédit aux entreprises, malgré une certaine accalmie dans le secteur bancaire. Les trajectoires des États-Unis, de la zone euro et de la Chine divergent, dessinant un paysage macroéconomique morcelé. Ce contexte nourrit la nervosité sur les marchés, où la volatilité s’installe.
Où en est l’économie mondiale à l’aube de 2025 ?
Il faut bien le dire : l’économie mondiale aborde 2025 sur une ligne de crête. La croissance ralentit, prise entre le coup de frein de la zone euro et les incertitudes sur la politique commerciale des États-Unis. Le climat reste tendu, nourri par la hausse des droits de douane américains et la riposte attendue de partenaires majeurs, qu’il s’agisse du Canada ou de l’Union européenne.
Les projections sont nettes : la croissance du PIB ne devrait pas dépasser 2 % dans les économies avancées, bien loin des 3 % observés en moyenne lors de la décennie passée. Canada et États-Unis voient leur élan s’essouffler, freinés par l’investissement industriel en berne et la consommation des ménages, qui montre des signes de fatigue. La zone euro, quant à elle, s’enlise dans la stagnation, accentuée par les divergences entre pays du nord et du sud.
Dans ce climat tendu, la multiplication des mesures protectionnistes ajoute à l’incertitude. Les relations entre États-Unis, zone euro et Canada restent sous tension, et l’impact concret des droits de douane se traduit déjà par des hausses de prix à l’importation, grignotant progressivement la compétitivité des entreprises.
Trois éléments illustrent ce contexte troublé :
- Hausse des droits de douane : pression accrue sur les chaînes d’approvisionnement et sur les coûts pour le consommateur final.
- Tensions commerciales : climat d’incertitude persistant pour les entreprises exportatrices.
- Croissance faible dans la zone euro : déséquilibres internes qui se creusent.
Outre-Atlantique, si le marché du travail américain semble tenir, le ralentissement se fait sentir. Les droits de douane et la politique monétaire restrictive pèsent lourdement sur les perspectives, tout comme la volatilité des liens commerciaux avec les principaux partenaires économiques. Pour l’avenir, tout dépendra de la capacité des gouvernements à apaiser les tensions et à ramener la confiance.
Les prévisions macroéconomiques pour 2025 et 2026 : ce que disent les principaux indicateurs
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les indicateurs macroéconomiques affichent peu de raisons d’être optimiste. Les dernières prévisions économiques annoncent un ralentissement du PIB pour la plupart des économies avancées, un mouvement amorcé dès début 2024. Pour 2025, la zone euro et le Canada devraient connaître une croissance inférieure à 1,5 %. La France n’est pas épargnée, freinée par une consommation des ménages hésitante et une faible progression du revenu réel.
Le marché du travail montre des signes de résistance, mais aussi de tension. En France et en Allemagne, le taux de chômage reste contenu, mais dans les pays du sud de l’Europe, la tendance inquiète. Les taux d’intérêt élevés pèsent sur l’investissement des entreprises, tandis que l’inflation, désormais sous contrôle, traduit aussi un affaiblissement de la demande.
| Indicateur | 2025 (prévisions) | 2026 (projection) |
|---|---|---|
| Croissance du PIB zone euro | +1,3 % | +1,5 % |
| Inflation (indice des prix à la consommation) | 2,2 % | 2,0 % |
| Taux de chômage en France | 7,5 % | 7,7 % |
La consommation des ménages avance à pas comptés, tiraillée entre les inquiétudes sur le pouvoir d’achat et la nécessité de faire des choix. Les résultats des premiers trimestres 2025 pèseront lourd dans l’appréciation du ralentissement, alors que l’attention reste fixée sur l’effet des politiques monétaires sur l’emploi et la confiance.
Quels secteurs risquent d’être les plus exposés en cas de récession ?
La récession 2025 mettra les secteurs à l’épreuve. Les TPE-PME, déjà fragilisées, risquent d’encaisser le choc de plein fouet. Leur accès au crédit, déjà compliqué par la politique monétaire de la BCE et de la Fed, se durcit encore. Résultat : des investissements gelés, des embauches en pause. Les premières défaillances d’entreprises se concentrent dans les secteurs à faible marge, dépendants de la demande intérieure.
Du côté de l’industrie, la montée des droits de douane et les incertitudes autour des chaînes d’approvisionnement internationales assombrissent la conjoncture. Les industriels tournés vers l’exportation réduisent la voilure. La mécanique, la métallurgie, le textile : tous subissent le contrecoup, tandis que les grands groupes disposent d’un peu plus de marge pour s’adapter.
Les marchés financiers ne restent pas en reste. Les investisseurs, gagnés par la nervosité, délaissent les valeurs cycliques, automobile, consommation, au profit de valeurs jugées plus défensives. Cette réallocation accentue la volatilité des titres sensibles à la conjoncture.
Le travail temporaire et les emplois liés aux services non essentiels figurent parmi les segments les plus vulnérables. La prudence des ménages, conjuguée à la baisse de l’investissement des entreprises, amplifie la contraction dans ces secteurs. L’économie semble passer d’une logique de croissance à une logique d’adaptation.
Tendances à surveiller et signaux à ne pas négliger pour anticiper l’évolution du contexte économique
Plusieurs tendances méritent toute notre attention : l’investissement des entreprises, la dynamique du marché du travail, et l’évolution de la croissance dans les grandes économies. Les experts scrutent déjà les indicateurs avancés, comme l’indice PMI manufacturier et les flux d’investissements directs étrangers. Ces signaux, souvent annonciateurs, donnent le ton pour ce qui attend l’économie mondiale.
La politique monétaire pèse toujours aussi lourd dans la balance. Les décisions de la BCE et de la Fed en matière de taux d’intérêt continuent de rythmer la croissance en Europe et aux États-Unis. La question de la relance de la croissance américaine reste l’une des grandes inconnues des prochains mois. En France, les chefs d’entreprise avancent prudemment, partagés entre la volonté de préserver leur trésorerie et l’option d’investir dans de nouveaux projets.
Pour mieux comprendre ce qui pourrait faire basculer la conjoncture, voici quelques indicateurs à surveiller de près :
- Suivre les variations des taux d’investissement : un retournement marqué annonce souvent un changement de cycle économique.
- Observer la trajectoire des projets industriels et les décisions d’expansion au Canada, en Europe ou au Japon : ces régions restent des baromètres pour les tendances à venir.
- Analyser les ajustements de politique budgétaire et la capacité des États à soutenir la demande par la relance publique.
À mesure que de nouvelles données paraissent, la volatilité de la croissance du PIB et les réactions de la consommation des ménages servent de repères. Reste à voir si les institutions sauront maintenir la confiance, dans un contexte où le moindre signal peut, en un instant, accélérer ou enrayer la reprise. Le jeu se joue sur le fil, et chaque trimestre compte.


